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G. Act 2 scène 1 et 2, Buée, Cuticule et Transpiration, 10h30 - 12h30

Une lumière blanche et sourde explose en un million de reflets sur les carreaux immaculés de cette pièce sans fenêtre.

Face à un grand miroir bordé d'ampoule, je m'observe.

32 ans, je fais moins, 165 cm sans talon, 177 avec, Cheveux bruns, une teinture deux fois par mois, Yeux bleu, virant au vert en fonction du temps, Bouche charnue, sans injection aucune, Menton carré et rond à la fois, une forme à la con, Cou de danseuse, mon rêve d'enfant, vite abandonné, Épaules menues,

De petits sein, deux, les miens,

Un ventre plat, ne servant à rien,

Une taille fine,  un cul de mec,  des cuisses, trop grosses,  des genoux calleux,  de cheville fine,  de petits pieds.

Pas un canon, pas un boudin… Moi… à poil.

Il est fou comme en dix ans, ce qui n'était qu'une corvée, consistants à un peu d'eau sur le visage et une pince dans les cheveux prend aujourd'hui l'apparence d'un chantier pharaonien.

L'âge, la vie, la mienne… que j'aime.

J'ai une sale gueule, je suis à la bourre, rdv dans 40 min, pas le temps d'appeler Bakenkhonsou * http://fr.wikipedia.org/wiki/Bakenkhonsou.

10h19.. L'eau chaude sur mon corps me fait un bien fou, trop de champagne, trop de clopes, trop…

10h32, j'empoigne mon sac que je laisse toujours dans la salle de bain afin de pouvoir me tirer avant leur réveille.

De toute façon nous n'avons rien à nous dire, en dehors de quelque banalité qu'échangerait prestataire et client après une transaction.

Slip, sous-tif dépareillé, tee-shirt, jean, chaussettes, baskets, pull mes fringues de la veille sont rangées dans mon grand sac à main, fin des ablutions.

Il dort toujours, tant mieux, la porte de la chambre, le couloir, l'ascenseur, la rue, il fait froid.

La buée qui s'échappe de ma bouche me rappelle mes hivers d'enfant, boule, bonhomme, igloo, chocolat chaud, douce nostalgie.

10h55 Rue du Rhône j'entre dans le Centre de remise en forme, comme ils l'appellent, je suis attendu, au programme mes mains, mon cul…

Manucure: ensemble des soins esthétiques donnés aux mains et aux ongles.

Elle est plus petite que moi, doit avoir mon âge et me sourit de son visage lunaire.

C'est la première fois qu'elle s'occupe de mes mains, une pointe d'angoisse, bien que je n'ai jamais eu aucun problème ici.

M'entrainant à sa table de travail, Joune me propose un café que j'accepte, n'ayant encore rien ingéré depuis mon réveil.

Fascinée comme à chaque fois par leurs gestes précis et professionnel mes ongles petit à petit reprennent leur forme initiale pour de nouveau se parer.

11h45 elle a fini, en avance, c'est au tour de mon PT, Marc, de prendre le relais… Personnal Trainer, ou blaireaux en sur-vet, comme j'aime à l'appeler lorsqu'il me fait souffrir en me haranguant d'invective débile.

Il n’est pas méchant au contraire, plutôt beau gosse d'ailleurs, c'est quand même fou, dans chaque salle de sport, chaque PT ait les mêmes phrases, le même humour, les mêmes références.

Ils les castes ou leur formation gomme toute originalité ?

Aujourd'hui c'est :

Squat: 5 maximums de répétition entrecoupés de 30 sec de récupération.

Fentes avant alternée gauche droite, 5 x max de reps. 30 sec de récupération.

Pompes, 4 x maximums de répétition. 45sec de récupération.

Gainage de face (statique), 4 x temps maximums. 30sec de récupération.

Chaise 20 secondes en statique + 5 sauts groupés. 45 sec de récupération.

Pompes, 1 répétition + 5sec récupération + 2 répétitions + 5sec récupération + 3 répétitions… jusqu'à que je ne sente plus mes bras.

Abdos classiques, 4 x max de reps. 30sec de récup.

12h30, je suis morte physiquement et de faim, deuxième douche de la journée, une salade au bar de la salle, la rue, direction chez G….

La chose (part II)

Elle voulut s’avancer à sa rencontre quand d’un geste, il l’a stoppa dans son élan. Elle comprit immédiatement que c’était la dernière fois qu’elle prendrait une initiative.
La toisant d’un regard puissant, de haut en bas, méticuleusement, consciencieusement, inscrivant dans sa rétine, l’homme la scrutait, nul centimètre carré n’était oublié.
Au milieu des convives dont elles ne savaient rien, elle était complètement nue dans les yeux de cet homme dont elle ignorait jusqu’au prénom.

Elle ne le saurait d’ailleurs jamais, sous peu elle l’appellerait Monsieur.

Il secoua la tête d’un air de dégout et…

Et…

Rien!
Putain, rien!
Elle enrageait…

N’était-elle pas assez belle pour lui ?

Sa robe noire, coupée à la perfection.
Ses bas enserrant ses jambes galbées.
Ses seins petits, mais fermes, ne nécessitant aucun soutien, qui dardait sous l’étoffe.
Ces cheveux blonds impeccablement coiffés.
Ses ongles manucurés.
Elle était, là, comme une conne, sur des talons hauts, interminables, rouge vif… Abandonnée!
Sa rage, se mua en une profonde tristesse tintée de culpabilité, qu'avait-elle fait pour mériter qu’il l’ignorât de la sorte.

Il ne la regardait plus, occupé qu’il était à refroidir le liquide ambre (un Port Ellen, O.B. 2nd Release de 1978 apprendrait-elle plus tard) dans lequel tournait une pierre à whisky.

Sans but elle erra quelque temps, passant de pièce en pièce, regardant ici et là des couples se formant, des amis riants…
Des sourires, des rires, des oeillades, mains qui ce touchent, ce découvert, mots à peine articulés, corps qui tanguent, qui s’agrippent, ce rejettent.
Amour naissant, relation mourante…
Un samedi soir sur la terre comme disait la chanson.
Pour ces corps rien ne se jouait d’autre que la vie, elle en revanche n’en pouvait plus.
L’ennui, l’abandon, la solitude…

Elle tenta bien de lier connaissance, ils l’évitaient…

Repassant dans la salle au fauteuil elle vit qu'il n’avait pas bougé d’un millimètre…

Vers minuit, épuisée de l’absence de toute interaction, elle décida de rentrer.

Elle se dirigeait vers sa voiture quand elle sentit une main ferme dans son dos qui l’a poussait et l’a plaquait vigoureusement conte la portière d’une Audi noire.
Des doigts remontaient le long de ses cuisses, retroussaient sa robe, arrachaient son string Chantal Thomas en dentelle et s’enfonçaient dans son sexe.

Celui-ci s’ouvrit instantanément…
Ils la besognait puissamment.
Entre terreur, plaisir, excitation et sentiment d’abandon, elle ne pouvait voir à qui étaient ces mains, ce corps, cette chaleur, mais elle sentit…

Elle le sentit, sa douce odeur, la sienne, elle s’abandonna…

Quelques secondes passèrent, l’étreinte se relâcha, une bouche approcha de son oreille:
Ne porte plus jamais de sous-vêtement lors de nos rendez-vous, lui chuchota-t-il.

Il déposa une carte devant elle, sur le toit de la voiture, et parti…
La laissant le cul a l’air, le sexe ouvert, trempé et gourmand, elle redescendit sa robe sur ses bas, qui n’avait pas résisté à l’assaut.
Elle saisit la carte et claudiquant réussit a entrer dans sa voiture.
Une fois assise elle fit glisser le morceau de coton noir afin d’avoir les fesses au contact du cuir des sièges et fini ce que les doigts de l’homme avaient commencé. Elle jouit longuement, profondément, intensément…
Ses esprits repris, elle regarda la carte.
Une date, une heure, un lieu… une remarque: votre éducation a commencé. 

La chose (part I)

Bien assis dans ce fauteuil en vieux cuir brun, une main sur un genou, l’autre faisant tournoyé le glaçon qui tintait doucement dans ce breuvage ambre, il l’observait, d’un regard carnassier, de celui qu’on les grands prédateurs juste avant de fondre sur leur proie.

Elle ne le connaissait pas, une rencontre dans un bar juste quelques mots échangés.
- Bonjour.
- Bonsoir.
- Vous venez souvent ici.
- Non pas vraiment…

Ce genre discourt d’un ennui fou, qui l’aurait fait fuir quand:
- Si vous le souhaitez, je ferais de vous ma chose… lui avait-il soufflé dans un murmure à peine audible.

Ces quelques mots… tombant froid comme la glace, venant de nulle part auraient pu la choquer, la rendre furieuse, lui donner l’envie de le gifler, mais pour qui se prenait-il!

Pourtant, la toisant de son regard de métal froid, c’est tout le contraire qui se produisit. Elle sentit ses paumes devenir moite, une douce chaleur irradia de ses joues et un torrent chaud humidifia immédiatement sa petite culotte.

- Avec plaisir, c’est tout ce qu’elle trouva a répondre dans une expiration contenue…

Il glissa alors un petit carton blanc sur le bar, régla sa note et partis dans un nuage doucement odorant sans même un regard.

Elle le saisit, ce qu’elle prit tout d’abord pour une carte de visite n’en était pas une.

Une date, une heure, un lieu… une remarque: venez seul ou ne venez pas…

Elle était arrivée à l’heure dites, était entrée dans la petite maison qui siégeait à l’adresse mentionnée et s’était immédiatement fondue dans la foule bigarrée qui déambulait dans les différentes pièces.

Longuement elle le chercha des yeux, scrutant chaque visage. Quand elle le vit enfin, assis, elle comprit a son regard que lui ne l’avait pas perdu des yeux une minute…
Douce chaleur coulant le long de ses cuisses…




 

G. Chap 1 Le  lit et la couverture acte 1 scène 1

Il y a des matins où le passage du songe à la lumière se fait en douceur, ce matin là ce n’est pas arrivé. Je dormais profondément et un millième de seconde après je suis réveillée, ma bouche est un vieux cendrier dans lequel j’aurais versé trop de champagne, dans ce lit qui n’est pas le mien cette chambre qui n’est pas la mienne.

Une pièce avec cette beauté parfaite que seules peuvent avoir les chambres des grands hôtels. Un lieu d’une telle propreté… Je pourrais me faire un thé vert dans la cuvette des chiottes, sans prendre d’autres risques que de le boire froid. Un endroit où malgré les 20’000 personnes qui ont baisé dans ce lit  il n’en reste rien, pas une tache,  pas une odeur, pas un sentiment. (Je ne peux m’empêcher de sourire à l’idée du nombre de culs qui ont pété dans ce lit à 5k la nuit.)Un rêve de papier glacé, enfant bâtard de Marie Claire Idées et Mme Figaro.

Hygiénique… Propre… Immaculée…

Je n’avais pas remarqué les moulures du plafond cette nuit.

Un rayon de lumière blafarde entre deux lattes des persiennes m’indique que cette journée a déjà commencé depuis quelques heures. Pas trop sinon mon réveil m’aurait rappelé a l’ordre. Bras tendus, table de nuit, iPhone…

Je désactive l’alarme pour ne pas le déranger.

10 h, mardi, décembre, programme de la journée.

11 h rdv manucure — la pédicure a été faite cette nuit — je glousse.

12 h sport.

13 h. G.

18 h. Jean, Beaux-Rivage, robe noire (Uniforme standard).

Je me redresse sur un coude, la tête lourde.

Une masse informe dort paisiblement aux pieds du lit,  sur une vieille couverture élimée.

Notre première fois, il y en a toujours une… Je me souviens:

Son appel, sa voix douce, notre rencontre dans ce restaurant, ses manières élégantes, son sourire, ses mots. La chambre, au pied du lit une vasque, de l’eau chaude, des produits sur la table, son regard mi-complice, mi-honteux. Trois ans que je le vois toutes les deux semaines et que sa couverture fait partie de nos soirées, de sa soirée. Assise sur le bord du lit, les pieds dans l’eau chaude, ses mains me caressant, me massant. Le coton imbibé d’acétone sur mes orteils afin de supprimer mon vernis, ses mains expertes m’enlevant les cuticules, frottant mes peaux mortes, le sérieux de ses gestes, les chatouilles… La folie dans son regard, la peur, la mienne. Que ce passerait-il si je me mettais à rire, je briserais son rituel, la peur, les coups, toujours ?

Rien, ni mon rire, ni ma crainte ne sont apparus.

Ses doigts experts me passant du vernis, un éventail pour le faire sécher… Son sexe sur mes pieds, lui se masturbant, son sperme entre mes orteils…

Sa satisfaction! Ma douche.

A mon retour dans la chambre il dort, profondément, il est en boule complètement nu sur une vieille couverture élimée à carreaux rouges. Elle pue… Un peu.

Trois ans que je ne suis plus allée chez le pédicure… Je souris.

Il est 10 h 15, je me lève, me dirige vers la salle de bain sans bruit, ferme la porte et allume…

Les inconnus (le jardin)

Elle se promenait dans le jardin du pensionnat ou elle enseignait les langues vivantes, lorsque en se baissant pour observer un papillon au reflet argenté. Elle vit à la lisière du petit bois qui entourait la magnifique demeure victorienne, un jeune homme qui l'observait tapi dans les fourrés. Il devait la contempler depuis un petit moment à voir son embarras et le sourire bête qu'ont bien souvent les garçons qui regardent une jolie jeune femme.
Jolie elle l'était et le savait. Ni trop grande, ni trop petite son corps avait été façonné par de longues années d'activité sportive, souple et ferme, elle avait toujours eu une pointe de fierté à être aussi bien proportionnée. Qu'en à lui, Il était grand, carré sans être trop musculeux et sa chevelure couleur d'or ondulait doucement sous l'effet de la brise des premiers jours du printemps.
Faisant comme si de rien n'était, elle dégrafa la longue jupe qui constituait avec la petite blouse blanche son uniforme réglementaire et la posa délicatement par terre afin de s'en servir comme d'une couverture. Elle s'allongea dessus dans tout sa grâce et une fois assise fit sauté un à un le petit bouton de nacre de son chemisier. Ces simples sous-vêtements en coton blanc brillaient sous la lumière de l'astre et la peau de ses cuisses n'ayant pas encore vu le soleil cette année s'accordait à merveille avec ceux-ci.
Les jambes légèrement écartées face à l'inconnu, la tête à même l'herbe verte, elle passa délicatement les mains sur son corps qui se réchauffait. Du coin de l'oeil elle ne perdait pas son voyeur des yeux, qui sous l'effet du spectacle devenaient de plus en plus rouges. Essuyant nerveusement ses mains sur son pantalon. Il ne l'a quittait plus du regard, les yeux fous de désir.
D'un geste, bref et sûr, elle s'assit et saisit le livre qui l'accompagnait partout et l'ouvrit. Sur la vielle couverture en carton rouge dans une typographie ancienne son titre: “Galanteries du XVIII Siècle, vers, proses, images”. Elle parcourut quelques pages balançant ses jambes arquées de gauche à droite dans un mouvement de balancier hypnotisant.
Dans un mouvement qui n’avait rien à envier aux félins, elle se retourna  ses fesses blanches et rebondies offertes à l'étranger, elle posa son livre. Du bout des doigts elle défit l'attache de son soutien-gorge, le laissant choir à côté d'elle. Reprenant son ouvrage elle resta un petit moment son ventre contre le sol, jouant avec ses jambes en l'air. L'homme se croyant à l'abri de la futaie se mit à frotter son sexe à travers la maille de son pantalon, en lin, de plus en plus vite.
Au moment où n'y tenant plus il allait traverser le pré les séparant; elle qui n'avait pas quitté d'un oeil discret son admirateur muet. Doucement, très doucement elle se s’assit bien face à lui et d'un regard complice, mais ferme l'invitait à ne pas bouger et à ne pas perdre une miette du spectacle qu'elle allait lui donner. Elle fit glissé sa culotte sur ses chevilles et délicatement se mis elle aussi à se caresser en le regardant droit dans les yeux. Les deux amants inconnus restèrent là, face à face, se mangeant des yeux mutuellement pendant que leurs mains remplaçaient le corps de l'autre sur leur peau brulante.
Ils vinrent en même temps. Elle éclaboussant de quelques goutes sa jupe et lui ensemençant la mousse qui était à ses pieds. Ils se sourirent. Elle se rhabilla, attrapa son livre et d'un clin d'oeil entendu, elle et lui, prirent rendez-vous pour un autre jour ensoleiller…




Les inconnus (le vieil homme)

Le vieil homme assis, devant l'âtre rougi par les braises, se souvenait… Un souvenir indissoluble dans l'espace et le temps, de ceux qui ne disparaissent pas avec leurs porteurs. Il y a bien longtemps, au temps du monde séparé en deux, les rouges et les bleus. Un moment du globe ou la guerre sans chaleur était de tout les esprits. Les journaux parlaient d'une menace effroyable, là-bas, dans une ile lointaine, le feu de l'atome. Tels des cigares de contrebande des navires apportaient la mort de l'homme dans un des derniers paradis sur terre.
Lui qui aujourd'hui n'était plus que l'ombre du jeune homme en pleine santé qu'il avait été. Lui qui en ce temps-là avait à peine 20 ans. Il était né au détour de la guerre, dans les ruines d'une ville comme tant d'autres. L'année de ses16 ans il s'était fait marin. Tradition familiale, sans aucune possibilité de fuir. Dieu qu'il avait aimé cette mère faite d'eau et d'embrun, peut-être plus que la sienne. 4 ans déjà qu'il passait d'un bateau à l'autre de pacha en pacha, d'amis en rencontre.
Il faisait escale dans une autre île, faite de volcan, de palmier et de sable plus doux que le petit duvet que l'on trouve sous les plumes des grands oiseaux blancs du bout du monde. Assis dans le sable, les pieds presque dans l'eau, non loin de la  petite baraque en planche vermoulues et colorées qui servait de cantine aux pêcheurs du coin et aux touristes de fortune qui s'échouaient dans ce coin un peu perdus. Il sirotait un énième rhum arrangé sans autre préoccupation que l'heure de retour à bord. Plus loin sur la plage un groupe de jeunes hommes jouaient un rythme envoutant sur des instruments qu'il ne connaissait pas.
Les yeux plongés dans le vide annoncé de son verre, ses idées vagabondant sans but comme un bateau dérivant sous l'effet d'une douce houle. Il commençait à sentir une ondulante torpeur, mélange de la boisson douce et de mélopée enivrante. Détachant de son regard le liquide couleur miel, il vit marchant dans l'écume, une silhouette approchant à contre-jour. Cette forme sans contour, sans sexe, suscita en une fraction de seconde une intense tension. Plus elle se rapprochait, plus il sentait une chaleur bien connue dans son bas ventre…Petit à petit cette forme sans visage se matérialisait en surimpression du bleu profond de l'océan. Le contour d'un corps, fort et vigoureux, se détachant de plus en plus précisément, dans quelques instants il pourrait mettre un genre sur cette forme… Une femme, un homme, il ne savait pas.
Plus le corps sans visage se découvrait, davantage la pression qui régnait dans sa verge et ses couilles se faisaient sentir. Celle-ci lui procurait un mélange de douceur et de douleur, sur le point d'éclaté tout son corps tentait de compenser l'extrême agitation qui figeait chacun de ses muscles.
Seins rebondis, hanches généreuses ,jambes fuselées, peau tannée par le soleil, cheveux corbeaux… une femme, c'était une femme pas que les amours entre garçons le dérangeaient, bien au contraire durant les dernières années il lui était régulièrement arrivé d'échanger de la tendresse avec des collègues de bord. Homme, femme quelle différence, à la fin seule la douceur, le plaisir et l'odeur de la peau restait. Elle s'approchât, sans un regard, de la cahute et commanda un verre de punch glacé. Les goutes de condensation se formait à peine quant elle le saisit et l'approchât de sa bouche appétissante comme un fruit mur et sucré. Par petites lampées elle se délectât du breuvage doux et alcoolisé, puis d'un geste sûr et contenu elle reposa le verre à moitié vide sur la planche rugueuse.
La regardant en coin, il ne pouvait détacher son regard de ce corps, qui en quelques minutes à peine avait pris la totalité de ses pensées et de ses facultés physiques. Son membre lui faisait un mal de chien et il avait besoin de toutes ses capacités afin de ne pas trembler de la tête au pied. Il se mit à frotter discrètement son sexe à travers la toile de son pantalon. Il savait pertinemment que son comportement ne pouvait qu'être découvert, qu'il agissait comme un pervers… de plus en plus vite sa main, sous la table, astiquait son manche.
Elle ne le regardait pas, elle ne le voyait pas, aux yeux de cette apparition il n'existait pas… elle se retourna embrassant de ses grands yeux l'ensemble du paysage, fini son verre, sortit un billet tout froissé du pli de son paréo et continuât sa route…
La regardant partir il devint fou, se caressant de plus belle il allait lui courir après, lui arraché ses vêtements, lui faire sauvagement l'amour en plein après midi à même le sable, sous les regards choqués des quelques voyeurs qui se mettrais en rond autour d'eux.  Les musiciens joueraient des rythmes plus forts et plus brutaux afin de donner les impulsions à ses reins. Elle partait… Elle partait… elle partait…
Il vint dans son pantalon, humide, honteux, le tissu lui collant à la cuisse.
Jamais il ne la reverrait. Jamais il ne l'oublierait. Jamais il ne connaîtrait son nom, sa chaleur, la texture de sa peau, le goût de ses baiser. Pourtant, se soir au crépuscule de sa vie, alors qu'il avait aimé d'autre corps, qu'il en avait même épousé un, fait des enfants et eu une vie bien remplie, la simple pensée de ce moment,  incendiait ce qui restait de son corps…

Les inconnues: l'ascenseur

Il l'a fixa dans les yeux et très délicatement glissa sa main entre ses cuisses musclées. Elle émit un petit cri quand son pouce toucha son sexe à travers l'étoffe blanche de sa petite culotte. Il se mit à faire des va-et-vient doux contre la toison qui recouvrait son intimité pendant que la tranche de sa main frottait vigoureusement son trou. Humidifiant son entrejambe il ne la quittait pas du regard violant chaque parcelle de son âme de ses yeux couleur d'acier froid. Tentant de l'agripper il se dégagea et agita avec plus de vigueur sa main. Elle jouit ainsi, debout contre cette porte, tout ce qu'elle saurait de lui c'est l'étage a laquelle il est sortit la laissant haletante et mouillée… Aujourd’hui encore elle se demande pourquoi elle ne s’est pas débattue… le rose aux joues!