Les inconnus (le jardin)

Elle se promenait dans le jardin du pensionnat ou elle enseignait les langues vivantes, lorsque en se baissant pour observer un papillon au reflet argenté. Elle vit à la lisière du petit bois qui entourait la magnifique demeure victorienne, un jeune homme qui l'observait tapi dans les fourrés. Il devait la contempler depuis un petit moment à voir son embarras et le sourire bête qu'ont bien souvent les garçons qui regardent une jolie jeune femme.
Jolie elle l'était et le savait. Ni trop grande, ni trop petite son corps avait été façonné par de longues années d'activité sportive, souple et ferme, elle avait toujours eu une pointe de fierté à être aussi bien proportionnée. Qu'en à lui, Il était grand, carré sans être trop musculeux et sa chevelure couleur d'or ondulait doucement sous l'effet de la brise des premiers jours du printemps.
Faisant comme si de rien n'était, elle dégrafa la longue jupe qui constituait avec la petite blouse blanche son uniforme réglementaire et la posa délicatement par terre afin de s'en servir comme d'une couverture. Elle s'allongea dessus dans tout sa grâce et une fois assise fit sauté un à un le petit bouton de nacre de son chemisier. Ces simples sous-vêtements en coton blanc brillaient sous la lumière de l'astre et la peau de ses cuisses n'ayant pas encore vu le soleil cette année s'accordait à merveille avec ceux-ci.
Les jambes légèrement écartées face à l'inconnu, la tête à même l'herbe verte, elle passa délicatement les mains sur son corps qui se réchauffait. Du coin de l'oeil elle ne perdait pas son voyeur des yeux, qui sous l'effet du spectacle devenaient de plus en plus rouges. Essuyant nerveusement ses mains sur son pantalon. Il ne l'a quittait plus du regard, les yeux fous de désir.
D'un geste, bref et sûr, elle s'assit et saisit le livre qui l'accompagnait partout et l'ouvrit. Sur la vielle couverture en carton rouge dans une typographie ancienne son titre: “Galanteries du XVIII Siècle, vers, proses, images”. Elle parcourut quelques pages balançant ses jambes arquées de gauche à droite dans un mouvement de balancier hypnotisant.
Dans un mouvement qui n’avait rien à envier aux félins, elle se retourna  ses fesses blanches et rebondies offertes à l'étranger, elle posa son livre. Du bout des doigts elle défit l'attache de son soutien-gorge, le laissant choir à côté d'elle. Reprenant son ouvrage elle resta un petit moment son ventre contre le sol, jouant avec ses jambes en l'air. L'homme se croyant à l'abri de la futaie se mit à frotter son sexe à travers la maille de son pantalon, en lin, de plus en plus vite.
Au moment où n'y tenant plus il allait traverser le pré les séparant; elle qui n'avait pas quitté d'un oeil discret son admirateur muet. Doucement, très doucement elle se s’assit bien face à lui et d'un regard complice, mais ferme l'invitait à ne pas bouger et à ne pas perdre une miette du spectacle qu'elle allait lui donner. Elle fit glissé sa culotte sur ses chevilles et délicatement se mis elle aussi à se caresser en le regardant droit dans les yeux. Les deux amants inconnus restèrent là, face à face, se mangeant des yeux mutuellement pendant que leurs mains remplaçaient le corps de l'autre sur leur peau brulante.
Ils vinrent en même temps. Elle éclaboussant de quelques goutes sa jupe et lui ensemençant la mousse qui était à ses pieds. Ils se sourirent. Elle se rhabilla, attrapa son livre et d'un clin d'oeil entendu, elle et lui, prirent rendez-vous pour un autre jour ensoleiller…